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Nouvel Album Out Of Past en tournée 2010-2011

Imaginez un vieux film burlesque dans la grande tradition "slapstick". L'action se déroule dans un pub bordélique au fin fond de Dublin. Vous assistez, médusés, à des dialogues improbables entre Charles Mingus et Bill Monroe, Jimi Hendrix et John Coltrane, ou encore Thelonious Monk, Dolly Parton, Sid Vicious et Tommy Peoples. La bande son défile, dominée par la voix envoûtante de Tracey et la mandoline saturée d'Ewan Shiels. Alors… vous aurez peut-être une très vague idée de l'incroyable univers des SONS OF THE DESERT. Pour mieux saisir le parcours de certains artistes, il est nécessaire de dresser leur généalogie.
Le père d'Ewan Shiels, par exemple, a réalisé la première photo officielle et en couleurs du monstre du Loch Ness ! Il découpait aussi sa mère à la scie lors d'un numéro présenté chaque soir sous la toile d'un petit cirque irlandais en Cornouaille. A l'époque, le petit Ewan accompagnait le massacre de sa mandoline. Puis il fut marionnettiste avec son frère. Puis chanteur dans le métro. C'est là qu'Ewan l'irlandais et Tracey l'anglaise se rencontrent, c'est là aussi que les SONS OF THE DESERT naissent en 1988.

Pourquoi ce nom ? Un hommage à un film de Laurel et Hardy, une référence à ces héros maudits, loosers et rebelles involontaires . Voix rocailleuse, mandoline frénétique, répertoire allant de traditionnels irlandais (version turque) au punk rock mâtiné d'un jazz free des plus furieux , les SONS font le délice (ou l'exaspération, c'est selon) des voyageurs du subway. Très vite, le groupe acquiert suffisamment de renommée pour remonter à l'air libre et jouer dans les clubs.

En 1989, Après une performance hallucinante au festival de Reading (Angleterre) c'est la révélation pour le public français aux Transmusicales (Rennes). Suivent des prestations inoubliables dans tous les festivals rock en Europe et au Japon (où 300 fans les attendent à l'aéroport !). Ils parlent beaucoup de la France. Du coup ils traversent la Manche et décident d'y rester, posent leurs valises en Bretagne et enchaînent une série de concerts mémorables. Mandoline, Guitare, Bodhran, violon , contrebasse et saxophone, contraste entre le chant sensuel de Tracey et les vocalises granitiques d'Ewan, leur musique est indéfinissable. Jazz, punk, musiques ethniques, blue grass, reprises d'anthologie (des Rolling Stones à J Hendrix en passant par T.Rex ou les Kinks), les SONS font leur cinéma et laissent le public sur les rotules.

Cannibal Hood Carnival Hat paraît en 1992, ce premier album (maintenant un collector) distribué par les disques Barclay (Universal) assoit la notoriété du groupe qui enchaîne date sur date.

Ewan et Tracey

Pause en 1995-1996 le temps d'enregistrer et de sortir l'album Greedy (Label Bleu/Indigo/Harmonia Mundi). Disque émouvant et déchirant aux textes hallucinés qui relance le groupe sur les routes. Les SONS font une nouvelle pause deux ans après, Ewan et Tracey apparaissent dans quelques formations de fest-noz (les Roving Laddies, Wagon), ils écument les pubs de Bretagne, et Ewan ne cesse de composer.
Lentement, au fil des rencontres, un nouvel album prend forme. Les musiciens proviennent des scènes jazz (Han Bennink, Michael Moore, Régis Boulard, Vincent Guérin, Bruno Chevillon et Régis Huby) ou celtico-trad (Paul Rodden, Hopi Hopkins, Yvon Riou, Pol Huillou). Ces années sensées être sabbatiques voient naître Goodnight Noises Everywhere, un album dense, contradictoire, débordant de personnalité, d'une maîtrise et d'une maturité parfaites. Ewan (auteur et compositeur de tous les titres) peut juxtaposer une berceuse chuchotée aux riffs saccageurs d'un saz électrifié. En 2001, l'album arrive dans les bureaux d'Universal Jazz. Daniel Richard, le patron, écoute le disque attentivement : ensorcelé, il y entend du rock, de la pop, quelques lointaines réminiscences irlandaises, du heavy métal (du fuzz sur une mandoline !!!), et certainement une pointe de jazz puisqu'il les signe immédiatement.

Mars 2002, Goodnight Noises Everywhere est dans les bacs. La pochette, comme les précédentes, est l'œuvre de Tony Shiels, le père d'Ewan qui a depuis délaissé la magie pour les pinceaux. Dans les mois à venir, les SONS reprennent la route. De concerts officiels en rencontres impromptues, le groupe n'a jamais vraiment abandonné la scène. Ewan officie à la mandoline, au Saz ou au Banjo. Tracey au chant au Bodhran à la guitare ou la trompette. Régis Boulard est à la batterie, Vincent Guérin à la contrebasse, Régis Huby au violon et Roland Pinsard aux clarinettes.
Au fait… comment traduisez-vous Goodnight Noises Everywhere en français ?

Et surtout, êtes-vous vraiment prêts à une expérience étonnante ?

texte d'Eric PESSAN - Auteur d'un premier roman " l'effacement du monde " paru en septembre 2001 aux Editions de la Différence.